mardi 24 novembre 2015

Mon père, ce hongrois, Camille Havas


Une discussion entre un père et sa fille, retranscrite à la première personne. Des photographies d'écorce, de bois, pour illustrer l'histoire d'un exil. Un fanzine de Camille Havas que j'ai oublié d'acheter à Expozine en faisant mon deuxième tour alors que j'aurais bien aimé lire cette histoire qu'il n'avait jamais raconté.














Source: Camille Havas

lundi 16 novembre 2015

Un Expozine de plus

Je n'ai pas pris de table à Expozine cette année, ce qui m'a permis de faire ce que je ne prends jamais le temps de faire : flâner quelques heures dans les allées bondées du sous-sol de l'église Saint-Dominique et dénicher plein de super beaux fanzines que j'amènerai avec moi au chalet le week-end prochain pour lire devant un petit feu. Je vous reparlerai de certains projets prochainement, mais voici quelques photos. 

J'en profite pour remercier Louis Rastelli, dévoué organisateur d'Expozine, grâce à qui cette gigantesque foire du fanzine a lieu depuis 2002. L'énergie de lui et son équipe permet à près de 300 auteurs, bédéistes, artistes et éditeurs de présenter des parutions qui vont du petit zine photocopié et broché à 10 exemplaires, aux livres d'artiste sérigraphiés, en passant par les microéditions de collectifs comme Possibles Éditions ou d'éditeurs comme Rodrigol, Ta Mère, etc. Merci, merci!


Le dernier né de Shushanna Bikini London et un nouveau Vincent Tholomé trouvé chez Rodrigol


Les cartes et les zines de boules et de plottes de Sarah Hébert


Les magnifiques livres conceptuels de Autostudio Auto



Les BD en riso de la maison d'édition Fidèle

Les dessins et les livres en blanc sur blanc ou en noir sur noir de Shabnam Zeraati


Les petites cartes de souhait de lafabriquesofeel

vendredi 13 novembre 2015

A good book, Bernd Kuchenbeiser

Bernd Kuchenbeiser, 61 books with black type on white cover


Munich, Germany


61 books with black type on white cover est une extension du blogue A Good Book de Bernd Kuchenbeiser. L'artiste a commencé ce site en 2011 pour tenter de répondre à la question «qu'est-ce qu'un beau livre?»:

« I’m sure that a consensus can be found for the special quality of a ‘good book’, but I have a hard time nailing down solid criteria. My arguments are often self-contradictory: I can love details in one book and dislike them in another. I forgive the sloppy design or production in one book because I’m held spellbound by its contents; another book I’d like only to feel but never to read. Sometimes the design, a sensual aspect, brings contents to life that I’d otherwise never have discovered.
Books have personalities. They can be our companions and friends. A good book doesn’t deserve to languish on a bookshelf; it wants to be opened, read, savoured, displayed, recommended. That’s why this website exists.»

L'artiste a rapidement remarqué que les «beaux livres» avaient souvent un design simple, avec du texte en noir sur un fond blanc. C'est devenu une section du blogue, puis un livre.




En train de s'effacer, Sara MacKillop

Sara MacKillop, Remains, Dundee : Dundee Contemporary Art, 2010

Chez un bouquiniste de Londres, Sara MacKillop déniche un livre qui a été entièrement photocopié avant d'être relié dans un classeur. Elle réitère les gestes : elle photocopie en recto verso le fac-similé page par page, puis le relie. Au fur et à mesure de la lecture, les illustrations et les textes s’effacent peu à peu.

“Remains is my attempt to take this book one step further towards being a book by printing the pages back to back and perfect binding it. At the same time, it takes one a step further away as the pages have been reformatted to fade as the reader progresses.”
- Sara MacKillop

L'idée qu'à chaque photocopie, les pages s'effacent un peu me renvoie à mon travail sur la mémoire, au fait que l'événement originel s'efface lui-aussi, il disparait sous d'autres couches de récits chaque fois qu'on se souvient, qu'on raconte, qu'on repasse dessus. Ou alors, il s'efface à force de ne rien raconter, il disparait.












Source: Ti Pi Tin,  

dimanche 8 novembre 2015

Réappropriations, Veronika Spierenburg

Veronika Spierenburg, In Order of Pages, Baden : Kodoji Press, 2013
La publication In Order of Pages présente un recueil de pages trouvées dans des livres de la bibliothèque d’art Sitterwerk en Suisse. Pendant ses recherches commencées en 2010, Veronika Spierenburg a scanné plus de 3000 pages correspondant à ses intérêts, dont elle en a ensuite sélectionné 450 dans lesquelles on retrouve de l'histoire de l'art, des expositions de documents, du matériel d'art et des techniques de fabrication. Le livre reproduit ces 450 pages, disposées de manière à conserver leur pagination originelle.








« The point where bodies and architecture, movement and space meet is central aspect of my work – I research these connections with various media, each time from a new perspective. [...]A reduced, geometric language of form is common throughout my work. This exists in a dynamic relationship to the sometimes ‘epic’ research from which the ideas have crystallised. I see these research processes as a starting point and part of the system of work; nonetheless, the work itself should stand alone. »
  Veronika Spierenburg

Pour Georges Didi-Huberman, le montage est une nouvelle forme de collection qui n’est à confondre ni avec « le rangement (qui consiste à mettre ensemble les choses les moins différentes possibles, sous l’autorité d’un principe de raison totalitaire) », ni avec le « bric-à-brac (qui consiste à mettre ensemble les choses les plus différentes possibles, sous la non-autorité de l’arbitraire) ». Il s’agit d’un faisceau de détails hétérogènes et anachroniques, agencés de manière à ce qu’ils tissent des relations dialectiques entre eux, donc d’une structure « qui ne cherche pas à réduire la complexité, mais à la montrer, à l’exposer, à la déplier » dans une logique dialectique. D’ailleurs, selon lui, le montage se présente comme « un art de la mémoire » qui consiste non pas à voir l’histoire comme une suite linéaire d’événements qui enterrerait un « fond insondable », une « racine » ou une « source obscure dont l’histoire tirerait toute son apparence », mais plutôt comme un « réseau de relations », à savoir « une étendue virtuelle qui demande à l’observateur, simplement,  mais il n’y a rien de simple dans la tâche  de multiplier heuristiquement ses points de vue. C’est donc un vaste territoire mouvant, un labyrinthe à ciel ouvert de détours et de seuils » .


Veronika Spierenburg, Ecke, Hoek, Hörn. Zurich, Edition Fink, 2014



Veronika Spierenburg associe ici un travail photographique «Ecke, Hoek, Hörn» et un travail d’écriture «Licht, Licht, Ljus». Les photographies sont des vues des plinthes de la Kunsthaus Glarus en Suisse, du musée Östergötland de Linköping en Suède et du musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam aux Pays-Bas. Le texte reprend quant à lui des termes techniques d’éclairage et de mise en lumière.