lundi 30 mars 2015

En bois, Lizzy Stewart



J'ai déjà parlé plusieurs fois di travail de Lizzy Stewart. Ici, une exposition de ses dessins dans un petit café de Londres. J'aime la façon dont l'espace entier est transformé en un livre immersif aux pages emmêlées, superposées les unes sur les autres.













Le fanzine est un livre d’artiste

« Le livre d’artiste n’est pas un livre d’art.
Le livre d’artiste n’est pas un livre sur l’art.
Le livre d’artiste est une oeuvre d’art. »
– Guy Schraenen


La confusion n’est jamais loin dès que l’on parle de livre d’artiste. Ce dernier a des origines multiples, visuelles et littéraires, américaines et européennes, venant autant de l’art conceptuel et minimaliste, que des pratiques contextuelles ou des avant-gardes. De ce fait, et de par son évolution et sa flexibilité, il a fait l’objet de quantités de tentatives de définitions qui, si elles ont permis d’imposer le livre d’artiste comme pratique artistique à part entière dans les années 1980, semblent aujourd’hui caduques et incapables de dresser le portrait d’un médium dont la plus grande qualité serait finalement de rester un espace ouvert d’exploration pour les artistes. Si bien qu’aujourd’hui, même les frontières entre le livre d’artiste et le fanzine deviennent poreuses, comme je l’ai remarqué au Festival Fanzines!. Mais faut-il s’en étonner? La distinction de ces deux médiums ne vient-elle pas de la victoire même des théoriciens des années 1980 qui, en ayant trop bien réussi à faire reconnaître le livre d’artiste par le monde de l’art, auraient créé une distinction artificielle entre des publications d’artiste qui circulent dans l’institution et les autres éditions qui circulent dans des réseaux alternatifs?

Revenir sur le livre d’artiste

Le livre d’artiste est un médium plutôt jeune dans l’histoire de l’art. Il a fait son apparition dans les années 1960 en même temps que les mouvements d’avant-garde comme Fluxus et la remise en cause de la conception classique de l’art. Pour les artistes conceptuels, il accompagne un courant de dématérialisation de l’œuvre d’art et « un désir de rompre avec un art rétinien » pour « investir le champ du langage » comme l’explique Dupeyrat dans son indispensable livre Les livres d’artistes entre pratiques alternatives à l’exposition et pratiques d’exposition alternatives. Auprès des artistes contextuels, il permet d’offrir un espace d’archivage à des interventions qui, sans lui, seraient perdues. Enfin, pour les artistes des avant-gardes, le livre d’artiste se présente comme un médium hybride, qui remet en cause les frontières entre les différentes formes d’expression artistique, mais aussi entre art visuel et textuel, entre art noble et amateurisme, entre vie et art . Il poursuit l’utopie d’un art démocratisé qui brise l’unicité de l’œuvre d’art, sa préciosité en se diffusant massivement au cœur même de la société.

Les artistes des avant-gardes rejettent la transformation de l’art en marchandise et l’unicité de l’oeuvre d’art. Du coup, le livre les intéresse pour ses qualités reproductibles. Certaines techniques telles que l’offset, la photocopie et la photographie commerciale leur permettent de se libérer des réseaux de production et de diffusion de l’art. Son tirage n’est pas limité, mais demeure artisanal dans ses modes marginaux de fabrication. Par ailleurs, les livres d’artistes circulent en dehors des institutions artistiques. Ils empruntent des circuits de distribution qui leur permettent d’échapper au marché de l’art notamment par le biais de la librairie et la voie postale. Enfin, le statut de l’artiste est aussi remis en question puisqu’il n’est plus le spécialiste d’un seul médium : il s’approprie des moyens non artistiques d’expression comme le réseau postal ou le tampon, utilise indifféremment le texte, la photographie, le dessin, l’impression, et passe d’un médium à un autre.

À l’origine, le livre d’artiste a donc toutes les caractéristiques du livre contemporain fabriqué industriellement. Des caractéristiques qui pourraient tout aussi bien rappeler celles du fanzine, cette publication indépendante ancrée dans la philosophie du Do It Yourself. À la différence que les fanzines sont distribués dans les réseaux alternatifs (salles de concert, distrobotos, salons de fanzines, librairies, main à main), alors que les livres d’artiste sont de plus en plus édités par des galeries et sortent peu du cercle fermé de l’art contemporain.

À Montréal, les fanzines sont souvent considérés comme des œuvres d’art à part entière grâce à l’implication de certains spécialistes et d’artistes locaux qui se produisent autant au sein des structures institutionnelles reconnues que dans les sphères de la contre-culture (Andrée-Anne Dupuis Bourret, Julie Doucet, Pascaline Knight, etc.). Les centres spécialisés en arts d’impression tels l’Atelier Circulaire, les Ateliers Graff ou Arprim, les librairies comme Le Port de Tête ou Drawn and Quaterly se chargent de leur distribution.

vendredi 27 mars 2015

Écouter par la fenêtre, Steve Giasson


Steve Giasson, VOX, installation, Palais des Congrès, 2015.
VOX est constitué de toutes les phrases entendues distinctement puis retranscrites manuellement par Steve Giasson entre le 25 juillet 2009 et le 24 juillet 2010 lorsqu'il était à l'extérieur de son appartement. Justifié en son centre afin d'évoquer graphiquement une onde sonore, ce texte peut se lire comme un portrait par et sur ses contemporains, mais également comme un autoportrait en creux (dans la mesure où il est souvent possible, à la lecture, de suivre les déplacements de Steve Giasson, qui surveille tout en étant surveillé à son tour).

Un projet qui me rappelle les poèmes urbains des poètes d'espionnage. Des tableaux textuels du bruit du quotidien, méchant ou bête souvent, commun à tous en tout cas. Inévitablement, ça me renvoie aussi à notre Autopsie du quotidien, et à mon livre de banalités, en chantier. 

Nox, un livre-sépulture

La mémoire en montage chez Anne Carson

«La mort de l’autre, non seulement mais surtout si on l’aime, n’annonce pas une absence, une disparition, la fin de telle ou telle vie, à savoir la possibilité pour un monde (toujours unique) d’apparaître à tel vivant. La mort déclare chaque fois la fin du monde en totalité, la fin de tout monde possible, et chaque fois la fin du monde comme totalité unique, donc irremplaçable et donc infinie.»
— Jacques Derrida, Chaque fois unique, la fin du monde.

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Sur le dos d’une boîte rigide, au gris terne des pierres tombales, on lit cette inscription: «When my brother died I made an epitaph for him in the form of a book. This is a replica of it, as close as we could get. – Anne Carson.» Sur la tranche, le titre : Nox, qui signifie «nuit» en latin. Et sur le devant, une photo en noir et blanc, celle d’un enfant portant un maillot de bain trop large et de grosses lunettes de plongée. Il faut ouvrir la boîte, comme on ouvre une boîte à souvenirs, ou comme se ferme une sépulture, pour déplier un livre-accordéon de 200 pages et découvrir l’élégie que l’écrivaine canadienne a composée pour son frère mort : un montage de photos, de lettres, de dessins et de textes qui offre une réflexion touchante et dense sur l’absence.

Anne Carson est une poète, essayiste, traductrice et professeure d’histoire et de littérature classique torontoise. Elle a publié une quinzaine d’ouvrages, souvent à mi-chemin de l’essai académique, de la poésie et du journal intime. Dans ses romans en vers comme Autobiography of Red: A Novel in Verse (1998) ou The Beauty of the Husband: A Fictional Essay in 29 Tangos(2001), elle mélange déjà genres et époques, histoire classique et éléments autobiographiques en questionnant la perte de l’être aimé ou la mort d’un proche. Nox, sa dernière oeuvre, est la reproduction du journal que Carson a tenu après la mort de son frère mort en 2000, alors qu’elle ne l’avait pas vu depuis 20 ans. Elle y a assemblé toutes les informations recueillies sur lui afin, dit-elle, d’essayer de percer le mystère qu’il était devenu.

Mais la particularité de ce livre est de contenir, en alternance avec les souvenirs personnels du frère, la déconstruction d’une élégie écrite par le poète latin Catullus au 1er siècle av.J.C. pour son frère mort. Ainsi, après avoir retranscrit dans sa totalité, et en langue originelle, le poème 101 de Catullus au début du livre, Anne Carson le démantèle en proposant sur chaque page de gauche la définition polysémique et subjective des 63 mots qui le composent. À la manière des romans de traduction où le texte originel et sa traduction se déploient de part et d’autre de la tranche du livre, les yeux du lecteur glissent ici de la déconstruction du poème sur les pages de gauche au matériel hybride accumulé sur les pages de droite : des réflexions théoriques, des éléments biographiques, mais aussi des photocopies de lettres, de cartes postales, de timbres, de photographies de famille et de peintures.
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Crédit: thisissuperserious.com
Derrière ses airs de récit intime, Nox n’a donc rien d’un journal. Ni même d’une biographie. Ce que dévoile l’écrivaine sur sa vie privée à travers cet accordéon de 200 pages peut être résumé en quelques lignes. C’est un livre qui impose une distance intellectuelle et réflexive au lecteur. Carson reprend les outils qui ont déjà été les siens dans ses précédents ouvrages: la confrontation de textes classiques et modernes, de figures antiques et contemporaines, de personnages canonisés par l’Histoire et de proches qui n’entrent pas dans l’histoire collective, entre textes latins et anglais, entre poésie et essai dans une forme globale fragmentée qui flirte entre l’essai et la poésie.

Si Nox est un objet de mémoire, c’est un objet troublant qui ne se fixe ni sur le biographique, ni sur l’Histoire; qui, de l’élégie, n’a pas le pathos; qui, du portrait du frère, se fixe sur ses silences et ses zones d’ombre; qui, en monument funéraire, tente de fixer une mémoire déjà enfouie, déjà disparue et inaccessible. C’est un objet qui draine des questions auxquelles on ne peut jamais répondre, devant le scandale de la mort de l’autre, scandale unique à chaque fois comme dirait Derrida, et donc infini. Comment survivre à ce scandale? Comment témoigner de ce qui n’existe plus? Comment mettre en mémoire l’autre sans le trahir? Comment capturer de l’autre cette chose, innommable, intime, qui à jamais nous échappe, et qu’il emporte avec lui?
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Crédit: thisissuperserious.com
Plutôt que de portrait, il faudrait peut-être parler d’un processus ou d’une méditation sur la perte; ou alors d’un portrait en négatif et en mouvement, plein de silences, de trous, d’ignorances et d’énigmes qu’on veut irrésolues, pour que jamais ne se figent les traits de celui qui est parti.

(Paru sur le webzine Ma Mère Était Hipster le 25 novembre 2014)

mardi 24 mars 2015

Là où je ne suis pas, Isabelle Ayotte

Isabelle Ayotte, Là où je ne suis pas, 2010
Les réflexions d'Isabelle Ayotte s'orientent autour de l'idée du multiple et de la variante qui sont des caractéristiques intrinsèques à l'estampe. Ces préoccupations, liées à son intérêt marqué pour la littérature, l'écriture et l'objet du livre, a amené sa pratique vers le fanzine et le livre d'artiste. D'abord, avec le fanzine, elle a développé des projets collectifs et rassembleurs avec d'autres artistes avant de s'attaquer en solo au livre d'artiste. 

Le livre est pour elle un lieu où elle peut faire cotoyer les arts visuels et l'écriture. La solitude est le thème principal de ses livres, le fil conducteur qui rassemble les pages en livre. Les livres d'artiste Les solitudes de la première saison, Des solitudes à consoler, Là où je ne suis pas et Néant blanc, sont tous sur le thème de la solitude qui entre en dialogue avec des lieux où projeter la solitude et où la reposer. 

Ce que j'aime particulièrement dans son travail c'est le sentiment d'errance qui se dégage de ses livres, une errance qui appartient habituellement au voyage mais s'installe ici dans un lieu habité, familier. La beauté de certaines phrases, comme celle ci: «Suis amoureuse de personne. La mer n'est pas une maison. Les traits qui dessinent l'horizon et les lignes de fuite - «lignes de fuite», il faut prendre le terme au premier degré. Et la couleur bien sûr, qui évoque le changement des saisons avec presque rien, une touche de jaune plus éclatant, le gris de l'automne, le blanc fade de l'hiver qui somnole. 
















Isabelle Ayotte, Néant blanc, 2011










Site de l'artiste: https://www.flickr.com/photos/isabelleayotte/

lundi 23 mars 2015

La petite mémoire de Lisa Kokin

«I am intrigued with other people’s photographic recording of their lives… I feel somehow that it should be illegal to own them, yet since they are up for sale, it might as well be me who buys them.»
–Lisa Kokin
Cette semaine, je vous parle de l’artiste californienne Lisa Kokin que j’ai rencontrée l’hiver dernier à l’occasion d’un voyage à San Francisco. C’est une artiste contemporaine qui travaille avec le quotidien et le banal : elle fabrique des livres, des installations et des sculptures avec du fil à broder, des tissus, des cailloux et des photographies trouvées dans des brocantes.

Dans sa série de livres altérés, l’artiste arrache toutes les pages pour ne garder que la couverture. Avec les feuilles déchiquetées, elle peut constituer des boules de papier mâché, des formes géométriques qu’elle coud ensuite sur la couverture. Elle y joint des photos de famille trouvées et des objets du quotidien comme des boutons, du fil ou des bouts de papier trempés dans le thé pour les vieillir artificiellement. L’ensemble dégage une étrange ambiance poétique. L’aspect du livre s’apparente à un « bricolage » de matériaux hybrides. Il offre une seconde vie à des silhouettes ou à des visages qui ont un jour porté un nom, ont eu une histoire, ont été conservées dans un album de famille. Pour Lisa Kokin, la simple possibilité de pouvoir se procurer ces photographies de famille dans des vide-greniers témoigne du fait que plus personne n’est là pour se souvenir des personnes. À travers ses œuvres, elle matérialise ce mouvement de la mémoire, la façon dont l’histoire se détache des objets anciens pour revenir sous de nouvelles formes, tout en contenant toujours des traces indicibles de ce passé oublié.
Equal Rights. Mixed media book collage, 10.5 x 16 x 1 inches, 2006. Copyright: Lisa Kokin
Some, Found. Mixed media book collage, 13.5 x 10 x 2 inches, 2006. Copyright: Lisa Kokin
Love Always, Juanita. Mixed media book collage, 5.5 x 10.5 x 1 inches, 2008. Copyright: Lisa Kokin

Les thèmes qui l’inspirent rappellent ceux de Christian Boltanski, artiste français dont la découverte à d’ailleurs été majeure pour elle. Ces deux-là partagent un goût pour le livre d’artiste, la manie de réutiliser des objets ayant appartenu à d’autres et une obsession commune pour ce que Boltanski appelle la «petite mémoire»: cette mémoire des gens ordinaires, qui ne laisse pas de traces testimoniales, aucune parole, aucun écrit ; celle qui ne fait pas couler d’encre, parce qu’elle ne participe pas à la grande Histoire. Lisa Kokin travaille aussi beaucoup, et souvent avec humour, à partir de sa propre histoire de femme, juive et bisexuelle.

Elle a eu une éducation juive. Pour ses parents, c’était important. Même si elle a grandi aux États-Unis, elle a été élevée avec l’idée que les «goys» étaient dangereux. Au sortir de l’adolescence, elle a tout rejeté en bloc. Elle ne voulait pas aller dans les kibboutz comme les autres enfants. Elle a voyagé en Amerique latine, à Cuba. Elle est devenue hippie.

«Heureusement, sinon je me serais fait refaire le nez. Beaucoup de filles juives faisaient ça pour avoir un nez conforme aux critères de beauté de l’époque.»

Bones Down the Chutes. Matzo box, metal stand, ribbon, photocopied images on paper, 38 x 11.5 x 12.5 inches, 1990. Copyright: Lisa Kokin

Bones Down the Chute est le premier livre qu’elle a fabriqué, dans le cadre de ses études. Il reprend la forme du pain azyme que les juifs préparent pendant la Pâque juive. Le livre raconte l’histoire de ce nez qu’elle n’a pas changé. C’est le livre de l’artiste qui contient le plus de textes. Lisa Kokin aime les mots. Elle a grandi avec des livres autour d’elle et ses parents étaient très cultivés. Par contre, elle ne se considère pas comme une écrivaine. Elle se définit comme artiste, c’est tout.


« Les gens nous mettent dans des boîtes bien trop facilement pour qu’on en rajoute en les aidant.»
Before/After. Ammunition box, mixed media upholstery materials, leather, plastic, 11.5 x 15 x 13.25 inches, 1992. Copyright: Lisa Kokin

Dans une brocante, elle est tombée sur une exemplaire de Mein Kampf. Elle l’a gardé dix ans avant de trouver ce qu’elle allait en faire. Avant d’avoir le courage de le manipuler, aussi. Elle en a fait trois livres troublants dans lesquels les pages sont brûlées ou cousues pour rendre les mots originaux illisibles, ou découpées pour réorganiser le témoignage d’Hitler en de nouvelles phrases qui s’entremêlent aux écrits d’un livre yiddish.
Kampf. Altered book (Mein Kampf), Hebrew book fragments, PVA glue, 2.5 x 5.25 x 1.25 inches, 1999. Copyright: Lisa Kokin
Selections from Mein Kampf. Altered book (Mein Kampf), Hebrew book fragments, PVA glue. 2.5 x 5.25 x 1.25 inches, 1999. Copyright: Lisa Kokin
I Love Only What I At Least Know. Altered book (Mein Kampf), shredded and curled Hebrew book pages, PVA glue. 4.5 x 2.75 x 2.75 inches, 1999. Copyright: Lisa Kokin

Il faut aussi parler d’une autre Lisa Kokin, plus légère, mais tout aussi politique. Celle qui joue avec la relation du texte et de l’image en juxtaposant, par exemple, le texte d’un livre sur le mariage à des images provenant d’un manuel de chasse. Ou encore celle qui intègre le texte d’un livre homophobe aux pages d’un livre pour enfant, dont les dessins reproduisent les clichés des différences hommes/femmes. Ces jeux de collage entre le texte et l’image permettent de remettre en cause les institutions, les évidences et les idées reçues.
Life After Death Described and Explained. Cardboard pill box, found photos, found text, thread, 3 x 1.75 x 1 inches, 2000. Copyright: Lisa Kokin
Physical Difference Found in Lesbians. Altered book (Betsy and the Boys), mixed media collage, thread. 9 x 6.5 x 2 inches, 1999. Copyright: Lisa Kokin

Toutes ses oeuvres sont intimement liées à son histoire personnelle, et surtout, à sa peur de disparaître. Quand je l’ai rencontrée, elle m’a montré les livres en yiddish dont elle a hérité de sa famille. Que des grands classiques, dont Le Capital de Marx et un Dostoievski. Avec ceux-ci, elle a commencé un nouveau travail de broderie : sur de grands tissus blancs, elle tisse le texte que ces livres contenaient.
«Moi, je n’ai pas eu d’enfants. J’ai peur de ce que tout ça va devenir à ma mort. Ça m’obsède, l’idée de la disparition.»
L’ensemble de son travail est disponible sur son site Internet : www.lisakokin.com.

(Article publié sur le webzine Ma Mère était Hipster le 13 septembre 2014)