mercredi 30 juillet 2014

Les morts dont on sait juste qu'il ne faut pas les oublier, Christian Boltanski

















«Dans cette série d’œuvres , Boltanski propose une réflexion sur l’Holocauste sans jamais le nommer directement. «Ainsi, en 1987, Boltanski propose l’installation intitulée Le lycée Chases où il tire, à partir d’une photo représentant la classe de terminale d’un lycée privé juif à Vienne en 1931, une série d’agrandissements disposés en diverses combinaisons, illuminés par des ampoules électriques dont les fils pendent de façon désordonnée, parfois arrangés sur des boîtes en fer blanc supposées contenir des souvenirs des morts. Les ampoules et fils électriques censés éclairer l’œuvre rendent, en fait, difficile son observation, tout en suggérant la glaçante instrumentalisation de la technologie dans les massacres contemporains et son utilisation pour empêcher la perception de la réalité. Les photos des jeunes lycéens ont été agrandies au point de les rendre floues et grenues, amplifiant fortement la trame déjà existante, ce qui a pour effet d’évoquer des cadavres ou des corps en décomposition.

C’est ici, dans cette ambiguïté délibérée de Boltanski, que réside l’un des effets les plus troublants de ces œuvres : rien ne nous assure que les personnes photographiées sont vivantes ou mortes, l’ambiguïté force un regard inquisiteur à connotations voyeuristes fortement dérangeant et culpabilisant. Mais la chose va encore plus loin : Boltanski, en agissant, selon ses mots, en tant que «vendeur de cadavres», oblige son public à adopter un regard nécrophile. Puisque rien n’est affirmé, notre interprétation nous appartient, nous ne pouvons que nous en responsabiliser. Confrontés à l’ambiguïté d’une photographie, c’est nous qui voyons un cadavre, qui y mettons la mort. Nous ne pouvons plus rester tranquillement que du côté rassurant et éthiquement acceptable de la victime, du côté politiquement correct. Boltanski nous pousse aussi de l’autre côté, dans le rôle beaucoup plus troublant du complice et du bourreau. De ces œuvres, le spectateur n’en sortira pas indemne. Ici, la répétition glisse du côté de la mort : elle sert à figurer la mort, mais aussi à nous rendre sujets actifs, participants à la mise à mort.»

Dans Adela Abella Garcia, Christian Boltanski : un artiste contemporain vu et pensé par une psychanalyste, Revue française de psychanalyse, 2008/4 (Vol. 72).

Les morts pour de faux, Christian Boltanski






Reconstitution d'un accident qui n'est pas arrivé et dans lequel j'ai trouvé la mort
6 pages, 17,5 x 28 cm, 1975 (Mail Art), 100 exemplaires

L'art est art de l'artifice.
S'il y a des pièces à conviction, on ne peut parler que d'un événement réel.
On meurt quand-même à la fin.
Même quand l'histoire est montée de toutes pièces.


Les morts pour rire, Christian Boltanski





Les morts pour rire, 1974, 32 pages

Une image triste succède à une image comique. 
Tout art est illusion et travail de mémoire.
Tout art est moins triste qu'artificiel. 

dimanche 27 juillet 2014

Ma collaboration avec le site Déroule Ton Tapis

J'ai écris un article pour Déroule Ton Tapis. C'est un site bourré d'informations sur le yoga. J'y raconte ma première expérience de retraite silencieuse de méditation. Allez lire ça et découvrir le site!

samedi 12 juillet 2014

inventaire des objets ayant appartenu à une femme, Christian Boltanski

Inventaire des objets ayant appartenu à une femme de Bois Colombes, 1974
21 x 14 cm

L'Inventaire des objets ayant appartenu à une femme de Bois-Colombes est le cinquième projet de cet ordre que Boltanski réalise: «présenter, sans choix de [sa] part, tous les objets appartenant à une personne prise au hasard dans la ville ou le pays où se tient la manifestation». Pour moi, l'énumération des menus objets qui constituent le quotidien d'une personne rend sa vie fragile, voire dérisoire. Une vie, c'est juste ça, quelques vêtements, une plaquette pilules, un parfum, du fil à coudre. 







mercredi 9 juillet 2014

Pourtant, moi aussi...



Je viens de livrer 60 nouveaux exemplaires de mon zine Pourtant, moi-aussi, encore aujourd'hui dans les locaux de Distroboto, ces anciennes distributrices de cigarettes que Louis Rastelli a transformées en machines à distribuer de l'art. Il sera à nouveau disponible dans plusieurs machines à Montréal.

Le zine est constitué de 18 photos d'identité d'inconnus qui tiennent à la main un carton sur lequel est écrit un mot. La combinaison aléatoire des cartes permet de construire des phrases, plus ou moins poétiques, qui interrogent la délimitation des genres féminin et masculin.