jeudi 16 mai 2013

À la maison, Rachel Echenberg

At Home
Performance, 2012, 7A11D International Performance Art Festival, Toronto, Ontario

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Performance, 2012, 7A11D International Performance Art Festival, Toronto, Ontario

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Performance, 2012, 7A11D International Performance Art Festival, Toronto, Ontario

Chez Nous (with Sebastien Worsnip. Zoe Worsnip and Clara Echenberg Worsnip)
Performance, 2012, Stew, Montreal, Quebec

Chez Nous (with Sebastien Worsnip. Zoe Worsnip and Clara Echenberg Worsnip)
Performance, 2012, Stew, Montreal, Quebec

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Performance, 2011, New Central Bus Station, ZAZ festival, Tel Aviv, Israel

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Performance, 2011, New Central Bus Station, ZAZ festival, Tel Aviv, Israel
Source: Pucntum

mardi 14 mai 2013

Je n'ai aucun contrat avec la vérité, Sophie Calle









« Quand je lui ai parlé de Venise, elle a répliqué: «Quand je pense que je n'y serai pas.» A la même époque, Maud Kristen m'a «vue» à Lourdes. Je ne sais pas si elle avait en tête l'idée d'un miracle pour ma mère.Je me suis dit que je partirais avec ma mère qui n'était pas plus croyante que moi. Mais elle souhaitait voir une dernière fois la montagne et la mer avant de mourir: elle verrait la montagne. Seulement c'était l'hiver et les rares hôtels ouverts étaient peu confortables. Je suis partie seule. Deux jours plus tard, ma mère s'est alitée pour ne plus jamais se relever.J'ai interrompu le projet car je n'étais plus disponible et que la disponibilité était la règle de notre jeu. Je n'avais qu'une idée: être avec ma mère. Je l'ai aussi filmée. Durant près d'une centaine d'heures. Ses dernières heures. Jusqu'à sa mort.»

« Avec son accord?»

«Oui. Je l'ai fait parce que j'avais décidé que je serais avec elle, à côté d'elle, au moment ou elle mourrait. Elle est morte chez elle. On me disait que les mourants profitent souvent d'un moment où vous vous absentez. Moi, je voulais être devant elle à cet instant. Même si je ne la quittais plus il fallait bien que je dorme, que je me nourrisse. J'ai décidé de poser une camera à côté de son lit: je me suis dit que la caméra c'était moi... Si je m'absentais deux minutes, la caméra tournait et j'étais 1à. Ainsi j'ai aussi déplacé l'angoisse. Au lieu de compter les minutes de vie qui restaient à ma mere, je comptais les minutes de cassettes, parce qu'il fallait en changer toutes les heures. J'étais constamment préoccupée par la caméra, à regarder si ça tournait et si... Ce souci m'a aidée.

«Est-ce que ça a aidé votre mère ?»

«Non, je ne pense pas, mais ça ne lui déplaisait pas. Elle savait que j'étais là de toute façon. Pour elle, ça n'avait plus grande importance, enfin je veux dire, il y a un moment où elle était... ailleurs. Mais moi je voulais, si elle disait tout d'un coup quelque chose, une  phrase inattendue, une chose... Je ne voulais  rien manquer. Et pourtant sa mort a été insaisissable, totalement insaisissable. J'ai écrit un texte qui fera partie de l'installation, un texte dans lequel je parle du dernier livre qu'elle a lu, de sa dernière rencontre, de son dernier sourire, de son dernier mot, mais le film montre les onze minutes durant lesquelles je ne sais pas si elle est morte où vivante. Je suis 1à, avec ma cousine, on ne voit plus le souffle, on ne comprend pas si ça y est: si elle est morte. Je mets la main devant sa bouche, sur son cou, je prends 
son pouls, et... je ne sais pas. Je montre ces onze minutes pendant lesquelles on ne sait pas, on cherche, on cherche la mort. Le texte raconte toutes ces dernières fois hormis le dernier souffle. Il est intervenu entre 15 h02 et 15 h 13, mais je ne sais pas quand. Ça s'appelle Pas pu saisir la mort. Ma mère sera donc là  dans le pavillon international. Son «Quand je pense que je n'y serai pas» a dû faire son chemin.»

«Avez-vous des idées obsessionnelles, des rêves récurrents ?» 


« Sophie Calle: Mes funérailles. Un jour, j'ai demandé a un metteur en scène d'en faire une répétition g6n6rale. Je lui ai expliqué que ce serait pour moi le seul moyen de ne plus les imaginer puisque je pourrais les vivre, convier les gens qui, a priori, y assisteraient si je mourais demain. Mon ami n'a pas voulu se prêter à ce jeu.»

«Vous dites la vérité?»

«Je n'ai aucun contrat avec la vérité.»

Source: «Qui êtes-vous Sophie Calle?,  Beaux Arts Mag, no 276, 2007

Yoghurt rubbed into his hard cold skin, Max Kandhola












«On the day of is cremation there was a process of cleansing the body, which I found most humbling and peaceful. In the morning the male family elders gathered, uncles, cousins, my brother, my nephews, and myself. We were presented with the body of my father at the undertakers. The whole torso was covered with a white sheet;  once that was removed we were presented with his naked body. The whole frame was rigid and had an unusual dark brown tone. The face had no recognizable expression. We began to cover the body in natural yoghurt, and this was rubbed into the hard cold skin with our bare hands. This was washed with water then the routine was repeated with natural oils.»

« Finally, when we look deep within the photographs, death is close, so close that I can almost smell, feel, and touch it. The images were made on the brief moments before and just after the death of my father. Death has been captured. The framing is deliberate and precise as the need to get closer  intensifies, to go beneath the skin, back to a state of belonging that is being slowly but inexorably denied.»

Mon quartier vu de ma fenêtre, Didier Bay












J'ai déplacé mon bureau pour le mettre juste en face de la fenêtre qui donne sur la rue. La vue me fait penser à ce livre d'artiste de Didier Bay, qui est un peu dans l'esprit de L'Autopsie du quotidien, et je me retiens pour rester arrimée à mon écran d'ordinateur au lieu de me lancer dans un énième projet sur le quotidien, qui me trotte dans la tête, et que je ne terminerai jamais parce que ce serait trop beau.

«Ainsi, entre 1971 et 1972, Didier Bay entreprend un projet autobiographique qui donnera lieu à l’œuvre intitulée Mon quartier (vu de ma fenêtre), un recueil de photographies et de textes qui se déploie en dix albums. La mort de sa mère est l’élément déclencheur de cette entreprise. Se rendant compte qu’il ne sait rien d’elle, de la femme qu’elle fut, ni des autres membres de sa famille, il s’efforce « à découvrir qui [il est], et qui sont les membres de [s]a famille, à travers tous les documents divers dont des photos qui dorment dans les fonds de tiroirs ou de vieilles boîtes de chaussures. » (Palais des Beaux-arts de Bruxelles, 1974) Mais il échoue. Face à la difficulté de lire ces images et de leur « donner un sens », il est conduit « à découvrir qui [il est] maintenant, aujourd’hui. »

C’est l’étude de son quotidien,  de son quartier, qui lui permettra de mettre en lumière son identité. Didier Bay ne se trouve pas dans les souvenirs mais à travers son présent. Or, le présent se caractérise par une absence de relief, un aspect informel. Afin de mener son projet à bien, l’artiste va devoir opérer une mise à distance de son quotidien et le fixer. Il va d’abord choisir un poste d’observation qui lui permet de prendre de la hauteur par rapport à ce quotidien, soit la fenêtre de son appartenant qui surplombe son quartier. À partir de cette position de retrait, l’artiste va photographier la vie qui s’y passe et décrire ce qu’il voit. Cette entreprise prend alors la forme de cahiers sur les pages duquel il restitue le résultat de son observation. Chaque page se compose ainsi de séquences événementielles de la vie de son quartier accompagnées d’un texte décrivant ce qui s’y passe et qui l’on y voit.

Ce travail dépasse le simple enregistrement du fil des choses car, en plus de fixer son quotidien, l’artiste l’inscrit comme objet. Il se dissocie du présent vécu par son travail d’écriture visuelle et scripturale. Cette mise en texte de son expérience sensible acquiert son autonomie en tant que récit d’une expérience individuelle. Cependant, si le livre participe de l’unité narrative, les séquences qui le composent, parce qu’elles relèvent d’un principe sériel, ne permettent pas au cliché d’acquérir sa force d’unité narrative.» 

Extrait de Photographie, séquence et texte. Le Narrative art aux confins d’une temporalité féconde, de Perin Emel Yavuz, 2008

Good bye, again.

Easy does it
A memory
Goodbye, again

mercredi 8 mai 2013

Le magasin d'ARPRIM (Bis)




crédit: ARPRIM
Le nouveau magasin d'ARPRIM. Des livres de Julie Doucet, Andrée-Anne Dupuis-Bourret, Mathieu Jacques, Emmanuelle Jacques, Jacinthe Loranger, Étienne Rochon, Étienne Tremblay-Tardif, et de moi.

Source: http://www.arprim.org/

lundi 6 mai 2013

Dessin sur Mylar, Sophie Jodoin














de peine et de misère, huile sur mylar / oil on mylar, 28 x 23 cm / 11 x 9

de peine et de misère – 2011
Un livre de coupures et de poésie. Un lien tissé entre Sophie Jodoin et l’auteure Louise Marois /
A book of collages and poetry. A collaboration between Sophie Jodoin and writer Louise Marois
Éditeur / Publisher:  Battat Contemporary
94 pages, couverture souple / soft cover, 12 b+w reproductions

Regiment – 2007
Auto-édité / Self-published
Essai /Essays: David Blatherwick + Isa Tousignant
12 panneaux / 12 panels concertina, 15 colour reproductions

Évoquant des souvenirs troubles, tantôt nostalgiques, parfois marqués de difficultés réprimées, les figures d'enfants que dessine Sophie Jodoin font appel à la mémoire, mais aussi à l'imagination qui entre en jeu lorsqu'il s'agit de reconstruire notre passé. 


Source: MagentaMagazine, Sophie Jodoin, Clark