vendredi 11 janvier 2013

Le deuil impossible

«Ce n’est pas un groupe qui se sépare du mort, mais le défunt qui, par son décès même, s’en est définitivement absenté. La cessation des fonctions vitales constitue la preuve qu’il n’est plus là. Et donc qu’il n’y a plus à « rester là ». Le mort n’est pas cette personne qu’il faut conduire jusqu’à sa dernière demeure, mais l’individu disparu, celui qui s’est définitivement absenté de lui-même, c’està- dire de son habitacle corporel. [...] Ici, l’individu décédé est celui qui se désabonne de lui-même. Inutile donc de mettre en scène une séparation, de ritualiser la distanciation entre morts et vivants ou d’assurer, dans la prise même de cette distance, la permanence du souvenir, en retenant l’autre en un lieu. Le décès tient du débranchement final. [...]

Ce qui est remarquable, c’est que la violence de la mort puisse se régler tout aussi violemment, mais sous couleur d’une résolution rationaliste de la cessation de l’existence et d’une gestion pacifiée du cadavre. La pacification est un processus qui empêche l’expression de la violence : elle est une forme de « surviolence » ; la violence consistant, notamment ici, dans l’interdiction de dire et ritualiser la brutalité d’un événement, ou dans la réduction d’une perturbation à une « information »

Patrick Baudry et Henri-Pierre Jeudy, Le deuil impossible , Paris, Éditions Eshel, 2001, p. 47.

Par la fenêtre du voisin, Michael Wolf










Michael Wolf est un photographe allemand vivant à Hong Kong et dont le travail se porte sur la place de l’homme : son mode de vie au sein des grandes villes. Avec cette intéressante série appelée « Window Watching », ce dernier a capturé des scènes de vie de ses voisins qu’il a pu observer depuis chez lui.

Source: Fubiz.net

jeudi 10 janvier 2013

Conserver l'amour en sac, Haruhiko Kawaguchi










Peut-on préserver l'amour à tout jamais dans un sac sous vide? C'est ce que tente de faire le photographe japonais Haruhiko Kawaguchi. Source: Odditycentral


mercredi 2 janvier 2013

Un classique, Felix Gonzales-Torres



«Sans titre (Portrait de Ross)», ChicagoInstitute of Art.
Cette œuvre représente le poids (en bonne santé) de Ross, l'ami de Felix Gonzalez-Torres, mort du sida en 1992, soit quatre ans avant son propre décès dû également au sida. 
Le visiteur peut  ainsi piocher dans une pile inépuisable, parce que toujours réapprovisionnée par les gardiens et repartir avec uni «oeuvre d'art» gratuite, métaphore d'une partie du corps de Ross emballée dans un beau rectangle de papier représentant un appareil cardio-pulmonaire estampé. À moins que ne soit mentionné « Anywhere better than this place » et « Nowhere better than this place ».