mercredi 25 juillet 2012

Paroles Suspendues, Miranda July






The Hallway

A 125 foot hallway lined with fifty wooden signs, hand-painted with text. As the viewer/participant walks down the seemingly endless hall, weaving between the signs, the text acts as an internal voice, “It’s too late to go back now, but the end seems far away…” The “you” in text realizes that you’ll be walking down this hallway for the rest of your life. And like life, the hall is filled with indecision, disappointment, boredom and joy – and it does end.

Commissioned by the Yokohama Triennial, 2008. In the collection of The Hara Museum of Contemporary Art, Tokyo, Japan.

Source: MirandaJuly

Une galerie, des nanas, et Cathy Burghi

Installation (maison bois, écran) photographies performance (2009)
Installation (maison bois, écran) photographies performance (2009)



installation "des-bordada"  et dessin préparatoire


«L'individu a besoin de tracer des limites entre sa personne et son environnement, de construire un espace à son image où développer son identité. Cette construction fait partie du cycle de la vie tout comme la destruction qui permet de créer d'autres projets. Le feu qui brule cette petite maison rouge dans la forêt c'est la fin des limites, et la perte de l'identité. »

« Ce film, j'aurais pu le réaliser». Parfois, c'est un roman. Une forme d'écriture. Une oeuvre. Ce n'est pas comme voir une oeuvre qui vous parle, vous atteint; c'est voir l'oeuvre que vous auriez pu faire, pire, que vous étiez en train de faire. Pour moi, c'est Cathy Burghi. Découverte il y a un mois grâce à l'artiste et directrice de galerie Martine Birobent qui nous a généreusement accueillis dans sa Galerie des Nanas à l'occasion du  Show de Salon de la surprenante Klo Pelgag

L'identité, reliée à l'espace intérieur/extérieur, au territoire (la maison), à la dualité, à la féminité, à la matérialité des corps, à leur évanescence aussi. La diversité des médiums. La douceur des couleurs. L'omniprésence de la narration. Tous les projets sur lesquels je travaille en ce moment trouvent leur double dans une des oeuvres de Burghi. Ce que j'aime particulièrement chez elle, au-delà des thèmes qu'elle exploite, le déploiement de ses paysages intérieurs du dessin à la performance, qui efface la frontière entre réel et imaginaire. Et ses installations.




Corbeau, Coeur beau, 2011

Installation, 23 broderies de 21x27cm chacune, fil sur impression (1945), cathy burghi 2011


femme ourse
dessin crayon et acrylique sur papier (15x20cm) 2010
femme poisson
dessin crayon et acrylique sur papier (15x20cm) 2010
Installation, Cachée dans la forêt, 2011
série peintures, acrylique et encre sur toile (20x20x4.5cm) 2011
Notre sang, série double identité
Installation, Cachée dans la forêt, 2011
Notre sang, série double identité

série-notre sang- fil sur toile, 2012
fil sur toile (20x20cm) 2011
fil sur toile (20x20cm) 2011




Vancouver en feu, Isabelle Hayeur


Installation vidéo à trois cannaux.
Projection d'une durée de 15 minutes jouant en continu.
3 lecteurs Blu-ray, 3 projecteurs vidéos.

112 West Hastings Street, Vancouver.
Singulièrement, l’histoire du Downtown Eastside s’amorce dans la destruction et la disparition. En 1886, peu après sa constitution en municipalité, le grand incendie s’abat sur Vancouver et rase le quartier presque entièrement (Great Vancouver Fire). L’installation vidéo Fire with Fire nous remémore cette période trouble de l’histoire de Vancouver. Elle évoque aussi les conditions actuelles du quartier en nous rappelant que de nombreuses vies s’y consument, rongées par des années d’itinérance, d’usage de la drogue, de prostitution de rue et de violence.

Quelques pièces sérigraphiées à l'Espace Projet


La galerie Espace Projet organise l'expo-vente «Magasin» du 1er au 26 août. Cette année, le mot d’ordre est brut : essences et matières non transformées ou recyclées, bois, aluminium, papier, textiles… Plusieurs de mes sérigraphies sur papier et de mes boîtes sérigraphiées en bois seront exposées. Les autres créateurs vous proposeront du mobilier, des luminaires, des objets utilitaires et décoratifs, des sérigraphies, des livres d’artistes, des vêtements et des sacs à mains. Il y aura également, entre beaucoup d'autres, Iris Sautier, de l'atelier de sérigraphie La Bourgeoise Sérigraphe.

Passez nous voir. Le 5 à 7 aura lieu le mercredi 1er août à l'Espace Projet (353, rue Villeray)

samedi 7 juillet 2012

D'un temps révolu






Depuis que je suis arrivée à Toronto (il y a une semaine), je me sens engluée. Peut-être par la chaleur, la mauvaise bouffe, les mauvais quartiers qu'on se sent à tord obligé de faire avant de s'autoriser à découvrir les bons, pour lesquels il nous restera trop peu de temps à la fin. Par l'anglais dans lequel je patauge comme une enfant qui voudrait être prise pour une grande. Engluée par les longs trajets dans un tramway chaud, lent, bondé dont je me sers comme d'autres montent sur le toit de ces cars pour touristes, pour regarder la ville de haut. Engluée surtout par les traces de mes passages précédents dont je n'arrive pas à me délivrer.

Dans ma tête, Toronto, Vancouver et San Francisco ne font qu'un. Trois villes nord-américaines au bord de l'eau, explorées à deux. Alors je ne vois de Toronto que ce qui me manque. Ce qui n'est pas San Francisco, pas Vancouver, ce qui n'excite plus rien que le retour d'un souvenir. Je me sens inconsistante, dans une ville vaporeuse, dont je n'arrive pas à dire si je l'aime ou non, parce que je ne l'ai pas vraiment encore regardée.

Dans cette brume, j'ai quand-même eu un coup de coeur pour deux artistes exposés actuellement dans des petites galeries de Queen St Ouest. À la GaleryWest, Emily Vey Duke (de Nouvelle Écosse) et Cooper Battersby (de Colombie britannique) présentaient leurs derniers dessins, sérigraphies, sculptures et vidéos. Il y a des mots qui me saisissent en anglais. Comme «unbearable», «in between», mais c'est surtout les compositions en -less qui me fascinent le plus: «relentless». Leur exposition, «Beauty is Relentless» explore les connexions entre amour et mort, entre sexe et délabrement, à travers des dessins au crayon humoristiques et des textes d'une ironie légère, décalée, qui me faisait penser à celle de Miranda July. En cherchant sur internet, j'ai découvert cette vidéo aussi, «Bad Ideas for Paradise».

L'autre artiste, Shauna Born, dessine au stylo bille des portraits de jeunes hommes. Ils sont d'une précision presque photographique, mais noyés en même temps d'idéalisme et de nostalgie. L'artiste travaille à partir des photographies de magazines, et les réinterprète à la manière des poètes ou des héros romantiques de la tradition picturale classique.

« Flowers barely come to a full bloom before they begin to fade, droop, whither. Born perceives her subjects in a stage of perfect youthful bloom that she has plucked in a vain attempt at preservation.»







Source: DukeandBattersby, kmcap