mercredi 29 février 2012

Dessin organique, Cathryn Boch




« C'est un langage viscéral, un corps que je revis avec le dessin », affirme Cathryn Boch. Dans ses œuvres graphiques, l'artiste strasbourgeoise coud, colle, dessine, ponce, poinçonne le papier, le fragilisant au point de le rendre immatériel. Martyre sous les assauts répétés de l'artiste, la feuille, matière organique, prend vie, s'enfle, s'évide ou cicatrise. Rien ne lui est épargné : acide, savon, béthadine, sucre viennent mordre le support, raclures et ponçages l'achèvent. Les cartes routières découpées redessinent de nouveaux territoires, le monde globalisé se tisse de réseaux infinis, tendus par le fil rouge de la machine à coudre. »

« Il convient de ne pas s’enfermer trop vite dans une forme, il faut qu’une histoire se tisse, qu’une temporalité s’installe, que le dessin se révèle par strates à l’issue d’une lutte engagée avec des papiers souvent épais qui portent vite les stigmates des raclures, scarifications, ponçages, déchirures, piqûres, surpiqûres, assemblages... que l’artiste leur inflige comme pour en accentuer la fragilité. Un corps à corps s’instaure dont le papier fait les frais et dont le dessin, utilisé comme une arme, révèlerait la résistance imprévue. Un ponçage obstiné pouvant conduire ici au point d’usure extrême, mettant au jour une transparence inattendue ; lui donnant, là, le velouté sensuel d’une peau.»

Du livre a L'installation: Andrée-Anne Dupuis-Bourret





sérigraphie, broderie et perforations sur papiers divers, reliure cousue, couverture papier /  

silkscreen print, embroidery and perforations on various papers, sewn binding, paper cover / 

144 pages, 8,5'' x 9,25'', 2007

Je travaille en ce moment sur les enjeux qui sont soulevés par le déplacement du livre d'artiste à l'installation. Les modifications de dimensions, le choix des supports qui s'ouvre, le nouveau rapport qui s'installe avec le lecteur devenu spectateur, les contraintes aussi, et les clins d'oeil que l'on s'offre pour remettre le public dans une posture de lecteur. 

Dans une rencontre, Andrée-Anne Dupuis-Bourret avait présenté son livre d'artiste Outland comme une source d'inspiration perpétuelle pour les projets installatifs à venir.

Différence et répétition
photocopies pliées et assemblées/ folded and assembled photocopies, 100 x 95 cm, 2010

La débacle 3
vue générale, 4000 modules en papiers sérigraphiés, pliés et assemblés, structure en matériaux mixtes /
4000 modules screen print paper folded and assembled, mixed material structure, 500 x 450 x 100 cm, Galerie Les Territoires, Montréal, 2010, 

Matricielle 1
papiers sérigraphiés, pliés et assemblés au mur / screen print paper folded and assembled on the wall, , Galerie d'art de Matane, 235 x 700 x 6 cm

Monticule
vue d’ensemble, 600 modules modules en papier sérigraphiés et pliés / 600 modules screen print paper folded and assembled, 250 x 250 x 95 cm, 2010

Paper Fiction
vue d’ensemble, 800 modules en papiers sérigraphiés, collés et assemblés, dimensions variables / 800 modules screen print paper folded and assembled, variable dimensions, 2011


Géosystèmes : animation, exploration from Andrée-Anne Dupuis-Bourret on Vimeo.

Source: Andrée-Anne Dupuis-Bourret

mardi 28 février 2012

Du livre a l'installation: Hôtel de Françoise Lavoie


L'Hôtel, 1988
Edition de tête, bois, ciment, estampes, plomb, typographique, 91.5 x 61 x 16 cm
Le livre contient les estampes de Françoise Lavoie et les textes de Richard Raymond. Il reprend l'ordonnancement des structures de la façade d'un hypothétique hôtel. Le lecteur ouvre les deux rabats du boitier faisant office de porte pour entrer dans le livre et l'histoire.

Hôtel, le champ du mur noir 1, 2, 1991
Hôtel, le chant du mur noir, Hôtel, rue des volontaires, Les héros sont fatigués, 1991, 1992, 1993
Hôtel, le nouveau monde, Hôtel, rue des volontaires, Livres, Dindons, Les héros son fatigués, 1992-1993
Hôtel, rue des volontaires, Dindons, 1992-1993



Les héros sont fatigués, Livres, 1993

«Cet espace théâtral est inspiré d'une pièce de l'allemand Peter Weiss nommée L'Instruction, un oratorio en onze chants qui relate des événements tragiques d'Auschwitz. La forte matérialité des murs joue un rôle en ce sens. Ils sont lourds, noirs, marqués par des drames. Malgré leur apparence extérieure, l'impact de ceux-ci provoque un effet d'étouffement. Ils semblent bloquer tout espoir et toute liberté. Ils n'agissent pas comme protecteurs mais bien comme inhibiteurs. Ils portent leur propre ambivalence, balançant entre le drame intérieur et les événements extérieurs. L'espace relève d'une forme géométrique symboliquement rationnelle. Le rectangle ne réjouit pas l'être lié à une cosmogonie, mais le force à la réflexion. Situé au centre de l'espace, le spectateur se retrouve semblable aux animaux passifs, accolés à la vidéo. Cet encadrement incite à un repliement non pas sur les drames personnels, mais bien sur cette incroyable volonté de destruction de certains individus face à leurs congénères et face à la vie. Un extérieur-intérieur noirci par la bêtise, détruit par celui-là même qui crée les espaces.
Louise Desaulniers, 1993»

«Mon travail est traversé par des thèmes récurrents : celui de la disparition, de l'effacement, de la mystification, en opposition à celui de la mémoire, elle-même associée à un patrimoine d’images fondatrices et identitaires. Toutes ces trames picturales traitent des rapports que cultivent nature, culture et humanité, de façon à exposer une réflexion sur la solitude, l’isolement et l’absence. 

Les images deviennent des sujets qui nous renvoient à des objets absents, entre autres l’humain. Plus on montre des souvenirs, plus on rappelle leurs absences. Lutter contre l’oubli, tout en sachant que c’est un combat perdu d’avance. L’issue finale reste toujours la mort, thématique récurrente dans mon travail. Cela témoigne de mon désir de préserver l’instant passé, d’ aiguiser le regard, de raviver les souvenirs et de stimuler l’imaginaire.»

Sad Mina and her record collection, Mel Stringer




http://melstringer.blogspot.com/
Et se prendre à rêver que chaque mini-vinyle contient un secret, une phrase, une piste qui mène à cette indicible tristesse.

Livre à deux pages








Livre à deux pages
18 cm x 12 cm, couverture souple sérigraphiée,
Impression numérique noir et blanc, Agrafé
Série limitée
Sérigraphié à Montréal, imprimé à Paris


Les "livres à 2 pages" sont des recueils de phrases innocentes et spontanées, notées au gré des rencontres.
Le principe est très simple: deux pages, une photo et une citation.
D’abord diffusée sur Internet, une sélection des meilleurs "Livres à 2 pages" est éditée aujourd'hui en version papier, sérigraphiée à Montréal et imprimée à Paris, plusieurs éditions limitées seront disponibles tous les ans.

Projet réalisé par José Lamali, Laurent Salles et Emilie Salles.

lundi 27 février 2012

Préparatifs de la biennale sur le livre d'artiste à Arras



Ce sont finalement trois livres qui sont partis pour la France en express ce matin afin d'être exposés lors de la Biennale sur le livre d'artiste d'Arras en mars. Le Livre de Foie (estampes, maisons, livres et hameçons «rangés» dans une valise en bois) s'est transformé en installation miniature et transportable. Et L'Impossible voyage s'est trouvé une nouvelle pochette pop.

dimanche 26 février 2012

Juste un univers







Atsushi Wada est un jeune cinéaste d'animation japonais dont la démarche très personnelle indique une influence profonde du surréalisme et de l'absurde, de même qu'une approche inventive des techniques d'animation traditionnelles. 

mardi 21 février 2012

Angelika Markul


MONTE NEGRO

Installation,
Exposition collective : Art Paris /Les Nuits Parisiennes,
Espace Culturel Louis Vuitton,
Paris, France, 2011
ENTRE DEUX

Installation,
Exposition personnelle,
Frédéric Giroux Gallery,
Paris, France, 2008
THE COLLECTING WOMAN

Installation,
Exposition collective : Focus Biennale de Lodz,
Lodz Art Center,
Lodz, Pologne, 2010
THE COLLECTING WOMAN

Installation,
Exposition collective : Focus Biennale de Lodz,
Lodz Art Center,
Lodz, Pologne, 2010
THE COLLECTING WOMAN

Installation,
Exposition collective : Focus Biennale de Lodz,
Lodz Art Center,
Lodz, Pologne, 2010
NOIR NEIGE

Installation vidéo,
Exposition personnelle,
Théâtre National de Chaillot,
Paris, France, 2009
NOIR NEIGE

Installation vidéo,
Exposition personnelle,
Théâtre National de Chaillot,
Paris, France, 2009
« La question se pose sur nous, elle nous anéantit, les jours de déménagement.
Trier, jeter, garder. Et puis ne plus trier. Jeter ou garder, on s’en fout, on n’a plus de cartons »
Marie Depussé

En vrac, et en passant, quelques oeuvres d'Art Souterrain

Karine Payette, Issue, Installation, Place des arts
Le travail de Karine Payette met en scène la figure de la demeure, qui s’avère centrale à sa pratique. L’artiste aborde le chez-soi, explorant de façon imagée la précarité du monde qui nous entoure. À l’aide de matériaux usinés, Payette met en scène des environ- nements fictifs aux allures de tableaux suspendus. Un pan de mur en décrépitude exposant la défaillance de son isolation vient questionner notre conception de la demeure en tant que refuge, la dépeignant comme une réalité fragile. Les vestiges d’une décoration désuète soulignent le passage du temps.

Randy Niessen. (In) Between 1 et2, Installation, Place Ville Marie

Passage d’un dessin de la seconde à la troisième dimension.

Sarah Fuller, You will wan to come back, Photo, Place Ville-Marie
 L’oeuvre présente une série de tableaux de l’Ouest canadien illustrant le récit d’un mythique périple à travers le territoire. Ce corpus a pour origine une passion qu’a développée Sarah Fuller pour les diners et autres restaurants de bord de route qu’elle fréquenta assidument lors de voyages multiples. Ces lieux satisfaisaient ses besoins d’anonymat et d’aventure tout en offrant une chaleureuse familiarité. C’est là qu’elle pouvait se recroqueviller avec un café, des œufs, bacon et rôties, pour écrire dans son journal, appréciant cette atmosphère éloignée des aléas de la vie quotidienne.


Mark Clintberg, Look There Listen Here, Installation, Centre Eaton
Look There Listen Here (voyez-la écoutez ici) utilise l’architecture publique comme scène de théâtre propice au dévoilement des sentiments privés. Avec cette pièce, l’artiste veut examiner comment les besoins et les engagements privés se doivent d’être exprimés dans un espace public. Le domaine public se trouve alors envahi par le domaine du privé. Clintberg explore l’ambivalence de la réaction émotive, entre désir et désintérêt.Il souhaite aussi que le spectateur puisse examiner ses propres relations avec d’autres individus et puisse «cartographier» le passage de ses émotions.

Hideki Kawashima & Corrie Peters, Un rêve, un troc, Installaton, Ville Marie

Une fois pliés, les «rêves» sont assemblés pour former un «abri».


Sylvie Cloutier, Quelqu'un, Istallation, Square Victoria.
Quarante portraits miniatures installés à divers endroits: trouvez-les.
 Au hasard d’une promenade, on remarque un caillou ; il évoque une silhouette animale, et on le ramasse… Comment peuvent être décevantes nos trouvailles sorties de leur environnement ? Par contre, certaines conservent cette force d’attraction sentie lors de la découverte. L’artiste cherche donc à créer ce fil fragile avec les passants grâce à ses miniatures. Elles agissent comme un émetteur, un murmure visuel se mêlant à la cacophonie de notre environne- ment urbain. Son projet a pour but d’attirer l’attention des gens sur de très petits objets dans un lieu public.

Marie-Eve Fortier, Points de suspension, Installation, Palais des Congrès
En furetant dans les interstices, on cherche à voir une collection de mots et d’images. Cela semble être une scène dramatique, un évènement flou, passé, ou inavoué: quelque chose comme une agression, un vol, un meurtre. Nous ne le savons pas. La fiction se construit graduellement et se modifie selon les déplacements et découvertes du visiteur qui cherche à saisir des indices, mais ceux-ci sont trop nombreux, ils se contredisent. Chacune des images en cache une autre et les mots se dérobent sous le poids de l’ensemble.


Pascale Bourguignon, Amaurose, Complexe Guy Favreau
Un œil observateur surdimensionné s’anime suivant les déplacements des passants. Nous sommes témoins et acteurs, consentants ou non, des évènements et des décisions de la société au sein de laquelle nous évoluons. Observateurs, mais aussi sujets d’observations. Le regard plus ou moins intrusif des autres nous renvoie l’image de notre place dans la société, de notre rôle au milieu de cette foule croisée quotidiennement. Nous passons, parfois nous nous arrêtons sur un sujet qui nous concerne. Parfois nous continuons notre chemin, pressés ou indifférents. Nous préférons fermer les yeux, tout comme d’autres choisissent de nous ignorer.

Seripop, J'm'en suis deja souvenu, Installation, Complexe Guy Favreau
J’m’en suis déjà souvenu est une expérience sur l’évolution physique de l’affiche dans un environne- ment donné et sur la capacité d’intervention d’un individu dans un espace urbain de plus en plus corporatisé et contrôlé. Référant au processus d’érosion naturelle des superpositions d’affiches sur les murs de la ville, l’œuvre se forme par une mutation lente et imprévisible. Ainsi, l’installation se veut un jeu avec le spectateur en l’impliquant directement dans un processus de dégradation évolutif qui, paradoxalement, révèle le sens de l’œuvre.

Charles-Antoine Blais Métivier, I love Swedish Cuisine, Palais des Congrès
I LOVE SWEDISH CUISINE questionne la représentation de l’identité culturelle dans la marchandisation commerciale ainsi que le pouvoir de la nourriture dans un rapport transitionnel avec notre consommation quotidienne. Composée de plusieurs déjeuners américains servis chez IKEA, la plus suédoise des compagnies de meubles, l’œuvre s’affirme comme une documentation paradoxale d’un entrecroisement de territoires culturels. À la façon d’un transit ou encore d’un raccourci,
le déjeuner est évoqué commeune voie qui sert à déplacer des foules pour les inciter à la consommation de meubles bon marché.




Mathieu Grenier, Dans le Cube Blanc, Palais des Congrès


Source: Art souterrain Montreal, du 25 février au 11 mars 2012